D'une ancienne colonie romaine à une cité gauloise (colonisée par les romains)
Narbonne - Lyon

Bonne lecture et bon voyage !

(pour des commentaires supplémentaires, pointez les photos grâce à votre souris )

Mon vélo, équipé de sacoches Vaude, tente légère, matelas auto-gonflable, une pochette plastique pour cartes ou dépliants d'office de tourisme, un minimum de vêtements légers, lavables et séchables facilement, une gourde isotherme bien adaptée au porte gourde + une bouteille d'eau ... que dire d'autres, le plus important, de la détermination et ... la nana gonflée à bloc !

1er jour : la mise en route

Je pars une demi-journée plus tôt que prévu, pour y aller plus doucement. Et donc je modifie le programme.
En fait, en vélo, on est toujours en mode improvisation. Et aujourd'hui, pour cause de lumbago discret mais présent, donc à maîtriser, je décide de partir en avance, tranquillement. Il est 13h. C'est un peu la journée test. Si elle se passe bien, le reste ira de même.

Au km 0 : à la maison.

Assez chargée et point de gravité un peu haut : c'est la faute de mon passager clandestin.
Par prudence, je ne prends pas les raccourcis par les chemins pour rejoindre Fleury, à 10 km. Car, une crevaison dès le départ, c'est récurrent. Donc, c'est par la route et le bitume.

point de vue sur l'estuaire


Puis une belle route au-dessus de l'estuaire de l'Aude, en bordure de Clape, m'amène au barrage anti-sel près des Cabanes de Fleury. Dans la descente, le poids du vélo et son point de gravité assez haut le déséquilibre à partir d'une certaine vitesse.
Précaution : Faire attention à partir de 25 km/h, ne pas dépasser 30 km/h.


les fleurs en bord de Clape











Quel plaisir, tranquille, paysage superbe, des fleurs, de l'herbe. On voit que le printemps a été arrosé et, peut-être, aussi, y-a-t-il moins de désherbant.


passage de l'Aude à son embouchure





Je passe sur le pont et j'arrive de l'autre côté dans l'Hérault.
Je franchis donc la frontière, entre le pays des Têtes Plates et le pays des .... Si quelqu'un connaît comment on les appelle ?


Direction Valras entre mer et étang, paysage que j'adore.
Une huppe fasciée s'envole.

A Valras, le passeur n'a pas encore commencé la saison, donc je continue sur Sérignan. (route sans aucun intérêt mais des pistes cyclables faciles).

festival BD  Sérignan


A Sérignan, se tient le festival de la BD. j'en fais le tour. le dessinateur que je cherche n'est pas venu.


la passerelle











Pour sortir de Sérigan, chercher la passerelle piétonne.


chevaux, prs et vignes



Puis sur l'indication d'une dame jardinant ses bordures, je trouve les petites routes pour rejoindre Portiragne. Des routes sans nom, ni numéro, mais pleines de charme.




entre ronces et hautes herbes












Je prends le bord du canal à Portiragne, bitumé, roulant.
Mais dès qu'il devient chemin de terre, j'aurais dû passer par la départementale proche, car c'est une horreur.
Boue, ornières profondes, tôle ondulée.
La cycliste souffre.

Vias - Agde , c'est mieux (un peu)


A la sortie d'Agde, le camping est quelconque. 17 euros pour ma petite, tente, mon vélo et moi, sans avoir besoin d'électricité.
Je renonce à la wifi (8,50 en sus !). Elle me propose d'envoyer un message de son ordinateur, c'est sympa mais elle me taxe d'un euro de plus en me rendant la monnaie. Le genre de lieux où l'on vous ferait payer si vous demandez l'heure !

Seul point rigolo : le rassemblement de trikers. Ils ont des tatouages, de l'embonpoint, et des bichons. Ils tractent des caravanes pliantes, ou sont accompagnés de vans Ford. Parfois même, c'est un camping-car luxueux qui tracte le trike, j'ai vu une remorque fermée, et un trike qui tractait la niche du chien sur sa remorque !

Les moustiques attaquent en escadrille : frugal repas et je me réfugie sous la tente.
Détente musculaire : la partie canal a été un peu rude.

Bilan : 59 km 21 , assez fatiguée.

2ème jour : la confirmation

Et la Marie a bien dormi !

les trikes






Départ des trikers et de moi-même.
J'en fais le tour.



Il n'y en a pas deux pareils et tout est dans le détail.



Amusant, moi, ma petite tente et mon vélo au milieu de ces engins et leurs accompagnants.





Direction, le Cap d'Agde. Evidemment, l'accueil du camping me conseille la 4 voies.
Je trouve un chemin qui part en longeant assez facilement, mais je pense qu'il y avait une autre option, tranquille, bitumée.




fils aim de Csar et Cleoptre

mosaique




Visite du musée de l'Ephèbe.









A part l'Ephèbe (Alexandre), le musée regorge de découvertes faites en mer sur le littoral, ou dans le fleuve Hérault. Les plus récentes ont bénéficiés de l'aide des dernières technologies pour le nettoyage et la restauration.



et au musée d'Adge, en prime, j'ai une explication sur l'origine des “ Têtes Plates”.



Ensuite, je trouve, un peu difficilement, une piste derrière la réserve naturelle (aller vers Maraval, ne pas y monter, continuer, après un marchand de fruits, le départ n'est pas loin). J'emmène avec moi 2 touristes hollandais paumés vers Marseillan-Plage,

Puis, je fais une halte pour le pique-nique à la plage de Vassal.

le pont bleu pour la direction de Frontignan en toute tranquilité



Après Sète, je cherche le départ le long du Canal dit “ du Rhône à Sète ”.

Ce n'est pas évident, mais j'ai déjé fait le trajet inverse (Frontignan-Sète) et je cherche mes repères : ... derrière la voie ferrée ... un pont bleu SUR le canal).



lacoxaoups

Je loupe le chemin du bois des Aresquiers.


Mais je rencontre une cox. Ce sont des personages connus à Montpellier et même plus loin.



le pont flottant




A Mireval, je cherche la via-Rhôna. Ici, elle est une jolie petite route tranquille, puis Villeneuve-les-Maguelone. Je regarde la montre. Je trouve le pont flottant, que je passe juste avant qu'il ne ferme. (j'avais vérifié les horaires sur le net)

un héron s'envole à  mon passage

Ce qui permet de rejoindre Palavas en longeant la côte.




Je prend l'option bord du canal en cours de draguage.
La barrière des travaux est ouverte.
Flamands rose qui prennent peu à peu leur envol pour aller dans leurs dortoirs, hérons, cormorans.
Je suis gâtée.

Tant pis pour la boue ... qui est de la vase du canal, en fait.


Mon passager clandestin est lourd et encombrant. Il faut absolument que je lui trouve un nom. Le nommer m'empêchera de l'abandonner au bord de la route

A Palavas, il y a le choix en camping. J'en prend un avec wifi. Les douches sont très, très chaudes. Un régal.

Bilan 74 km 23 , et tout va bien. C'est encourageant. (un peu de courbatures malgré tout)
(en tout =133 km 44)


3ème jour : en forme

Cette nuit, une petite frayeur : un coup de vent qui m'a réveillée une heure, Mais au matin, c'est calme.

une réflexion d'archi

Je quitte Palavas : pas folichon. Le littoral, ce sont des banlieux à la mer, même si des architectes cherchent à renouveler le thème

renaturation







Une idée, un concept, une façon de réparer ou de modeler la nature ...


Le mot Renaturation : cela aurait pu être de l'ironie, si l'on pouvait soupçonner les auteurs de ce panneau d'avoir voulu faire de l'humour.


la Grande Motte par (le plan) Racine.

A l'office de tourisme, j'obtiens les indications pour rejoindre le Grau du Roi avec une piste cyclable, et on me propose un verre d'eau. Il est vrai qu'il commence à faire chaud.

exercices de canadairs




Quatre canadairs sont en exercice devant la plage.

Ils chargent de l'eau de mer, s'élèvent, puis lâchent leur cargaison d'eau en un point plus loin.
Ils font ainsi plusieurs tours.

voilier




(Je repars et gamberge. Je réfléchis : Quel sera son nom ? Gaston ne lui va pas, Eugène, non, ce n'est pas joli.)



Juste avant d'entrer dans le Gard, je croise un pêcheur avec une belle dorade pour son repas de midi.
Il regrette que sa pêche soit si modeste. Il a été obligé de rejeter les autres prises trop petites.

Mais il a dû passer une matinée agréable devant ce joli voiler.

Aigues-Mortes


Dans Aigues-Mortes, il faut sortir de la rue pricipale : je choisis une rue tranquille, passant devant un petit resto bio et sa carte me fait envie.
Je craque pour un burgeur de taureau bio, pain, oignons confits, aubergines, salade, sauce tout est bio, ici.




Un autre cyclo-randonneur et son VAE font la route dans le même sens que moi. Il dort dans des gîtes.
Nous sommes peu à faire la Via-Rhôna du Sud au Nord.
La très grosse majorité descend. Ce sont des touristes qui viennent d'Allemagne, de Suisse, ou aussi des Français qui savent que ce sera plus facile en descendant et avec le vent dans le dos.


Cigognes

Je reprends la route. Nouvelles rencontres.
Il fait un temps magnifique. Pas ou peu de vent, il va faire chaud.

Je prends la direction d'Arles.
Mais la voie sur la berge du canal est fermée. J'opte pour la route de Montcalm.
Je rencontre d'autres cyclistes (Nikolette vient de Budapest).

A Montcalm, c'est désert. Un camping-cariste m'aide à m'y retrouver et m'offre de l'eau.
Je vois arriver un orage, de gros nuages noirs approchent et envahissent le ciel..
Je roule. Je cherche. C'est un peu galère.

le Petit rhône

Dans la zone industrielle de St-Gilles, je demande à 3 personnes si le chemin que je veux prendre va à Arles. J'ai 3 avis différents sur la direction, dont un faux, et 3 avis sur l'orage itou.
La première direction commence en franchissant le Petit Rhône : trop de voitures, je fais demi-tour.
La deuxième qui m'a l'air correcte, car elle semble prendre la direction que j'espérais en restant le long du Petit Rhône, se termine en impasse au bout de 2 km. Je reviens


ouvriers dans les champs avant l'orage

J'ai encore 2 options. Vais-je retouner prendre la route la plus courte, mais assez fréquentée ou celle qui me rallonge ?
Les nuages sont noirs, et des éclairs fins et métalliques zèbrent le ciel. Mais j'avais repéré la troisième option sur le net. Elle me semblait à la fois plus tranquille et plus propice aux découvertes.

mon vlo prés du tracteur


Alors, tant pis, je fonce vers l'orage. Premières gouttes ; j'espère encore qu'il va passer plus loin.
La pluie s'accélère. Au même moment, je vois un portail ouvert, je le franchis et, à droite, un grand hangar sous lequel je m'abrite.
Je reprends la route dès que ça se calme et les dernières gouttes tombent quand j'entre dans Arles.


taureaux




Je ne regrette pas cette route calme qui passe par les rizières, des mas, des oiseaux, les taureaux. Images de la Camargue.
Je suis dans les Bouches-du-Rhône et en PACA.

Je rejoins le camping (truffé de caméras de surveillance qui me suivent au fur et à mesure de mes déplacements).

Bon, finalement, c'est Eugêne. Mon passager s'appelle Eugêne. et pour différentes raisons connues de moi seule, ça lui va bien.

Bilan : 92 km 10 , pour aujourd'hui
(en tout =225 km 54, temps total vélo : 19h15)


4ême jour : programme chargé

arlesa


Du camping, je vais au musée, en passant par l'Office de tourisme.


A Arles, il semble que l'on ait le sens de l'accueil.


arlesb



Comme un phare, la tour Gehry attire déjà les touristes.



Le musée Départemental de l'Arles Antique est splendide.
Quelle richesse!

tete

L'on se balade au milieu de pièces exceptionnelles, magnifiquement mises en valeur. La circulation est agréable. Le musée prête des sièges-cannes qi permettent de s'installer facilement n'importe où.


J'avais décidé de me payer la tête à Jules, mais j'ai aimé ce portait qui me semblait bienveillant.



un bronze gaulois captif





Je tombe en admiration devant ce bronze, à l'origine réalisé pour illuster la puissance romaine.





Puis, je fais la récolte dans cette oliveraie, restaurée grâce à des dessins faits lors de sa découvertes, au siècle avant-dernier.


oliveraire

Je ressors du musée à 15h. Il serait temps de pédaler !

Direction Fourques. Je repasse dans le Gard et ce sera ainsi sans cesse, passant et repassant le Rhône qui fait la limite des départements que l'on peut longer ou traverser.

Vers Fourques

Au loin, le ciel devient gris, presque noir. On entend le tonnerre, mais assez lointain. D'après l'orientation des nuages et la direction du vent, je ne devrais pas croiser la pluie. Cependant, le souvenir de l'épisode orageux d'hier me dissuade de continuer.
Je vois un portail ouvert et m'arrête dans une cour. La propriétaire me propose de m'abriter aux écuries! Moi et mon cheval de fer nous y installons.

champs de coquelicots

Beaucaire : je passe,
je voudrais bien arriver à Sauveterre ce soir. Car je me mets à calculer, additionner, diviser, et je pense que ma moyenne va s'améliorer.
Je n'ai plus programmé de visite à faire, la Via sera plus directe, je pédale plus vite, plus fort ...

Bon, pour le moment, je ne suis sans doute pas du "bon" côté du Rhône.
A Montfrin, je fais 3 fois le tour du village. C'est comme si les habitants s'étaient amusés à tourner les panneaux dans tous les sens. Je trouve des touristes allemands devant un kiosque à pizza. Ils sont fatigués. Ils me disent qu'ils ont pas mal tourné pour arriver ici.
Et la seule indication que je trouve cohérente est de prendre un bout de départementale pour arriver à Aramon.
Puis je retrouve la piste : le terrain est un peu lourd pour ma monture, ça roule moins vite, mais bien, et en sécurité. Je suis un peu la tête dans le guidon. L'heure est aux moucherons. Il ne faut pas ouvrir la bouche ou on les avale aussitôt!
Au loin, le soleil embrase les quelques stratus du soir.
Puis la piste fait place à une route partagée au moment du crépuscule. Il fait de plus en plus sombre. A 10 H moins 20, je me décide à sortir un éclairage arrière clignotant. J'essaie d'éviter les quelques trous (pour Eugène). Comme ils sont plein d'eau, je les vois plus foncés et brillants. Heureusement, il y a un éclairage en arrivant dans les faubourgs d'Avignon (Les Angles).
Tant pis pour Sauveterre.
Je franchis le Rhône de nouveau. Je suis dans le Vaucluse. Un camping est indiqué. Le gardien me dit qu'“à 10h23 c'est fermé”, il fait néanmoins mon inscription et je monte la tente à la frontale. Même pas envie de me faire cuire des pâtes.
Je suis arrivée à Avignon ce soir, Je peux être contente de moi.

Bilan : 64 km, et juste un mal de dos “ normal”.
(en tout 289,04km, 24h43 sur le vélo).

5ême jour : l'entraînement des 4 jours précédents doit payer ! Mais, attention ... il y a des pièges !

Comme j'ai un problème d'appareil photo, les quelques photos depuis le pont de Fourques sont prises avec l'ordinateur.

le Pont d'Avignon

Départ du camping
après avoir chargé l'ordinateur,
pris un café.

Il est 11 h.

Ce camping très correct a un bar-restaurant dont la vue donne sur le Pont.




Je trouve une voie belle et large : Est-ce un tronçon de la ViaRhôna en voie d'achêvement ? Non, il se termine dans la boue, puis dans l'herbe : demi-tour. Cette portion doit encore être en projet ... dans des cartons.
Il faut franchir le pont, un barrage, puis passer de l'autre côté. Pour le repérer, on aperçoit une carrière à cet endroit, de l'autre côté.

le long d'un canal

En passant une fois de plus le fleuve, des dames promenant leurs chiens m'indiquent une voie le long d'un canal. "C'est tellement joli ! disent-elles". Un coup d'oeil à la départementale et aux voitures qui passent et zou ! Cygnes, hérons cendrés, effectivement, c'est super.
Mais à pied !
Elles n'y ont jamais fait de vélo. C'est caillouteux et ça saute énormément. Puis arrivée à Roquemaure, je croise un cycliste qui va travailler et qui me conseille néanmoins de continuer encore tout droit, ça devient meilleur et c'est la bonne direction.
Je roule, je roule.

A Caderousse, je m'arrête sur la place.
Je sors réchaud, casserole, eau. Et je fais des coquillettes-sauce tomate-basilic, qui me semblent un vrai délice.

Une bière au bar, il fait moins chaud, et je repars.
Je roule, je roule.
Au cours de cette journée, il y a des indications qui défilent, sympathiques, Château-neuf-du-Pape, Mornas, d'autres moins inspirantes, Marcoule, Triscastin, Pierrelatte ...
C'est aussi sur ce tronçon que je fais une portion de la Nationale 7. Et il y a des voitures, et il y a des poids-lourds ... qui foncent, et qu'un cycliste dérange manifestement. ça va vite et je n'ai pas envie de fredonner. “Nationale 7, hum ! hum !!”
Je roule, je roule
Après Bourg-St-Andéol, la piste est toute belle. Dommage que la voie à coté soit gravillonnée. Les voitures qui y passent projettent gravillons et cailloux sur la piste cyclables. Par 2 fois, je manque glisser dans un virage, et les cailloux sont désagréables sous les pneus.
Mais, je roule, je roule.
Je voudrais atteindre Montélimar.

vers Viviers

Quand, après un virage, une bosse en forme de dos de dromadaire me surprend. J'appuie sur les pédales. Trop tard ! Vélo trop lourd ! Le vélo stoppe avant d'avoir pu passer la roue avant au sommet de la bosse. Le vélo recule. Je pense maitriser la marche arrière. Non ! Je freine. Trop tard. Vélo en déséquilibre ! Le vélo dérape. Et, c'est la chute.
Eugène est tombé aussi.

Je crie un grand coup, de dépit surtout. Je ramasse mes cerises, je réconforte Eugène, du sang coule de mon coude gauche. Je repars.

J'arrive à Viviers pas loin. Un bateau de "croisières" est ammaré au ponton. Les touristes sont de langue anglaise. Ils font le tour de la petite ville. Un camping-car est déjà en mode nuit sur le quai. J'entre dans la vieille ville. La nuit tombe.

En demandant mon chemin et l'adresse d'un camping, je tombe sur un couple qui me fait entrer pour soigner mon coude. D'après eux pas de camping, ni à Montélimar plus loin. "Il a fermé". Cela m'étonne, mais le carré d'herbes près du camping-car me tentait. Je leur demande de l'eau et j'y retourne.
Je plante la tente en bord de Rhône, sans lampe frontale, discrètement, dans la nuit. Je ne dors pas très bien. J'ai mal, la plaie saigne et suinte en se collant au sac de couchage.

Bilan : 95km15, ce n'est pas si mal
(En tout : 384,19, 31h51) Et, c'est à cela que je songe dans la nuit.

6ème jour : il va faire chaud !
Et il a fait chaud.

au bord du Rhne

Ma matinée débute par pliage et rangement, comme tous les matins. Puis une petite vérification. Le coude est endolori, difficile à lever. (De toute façon, il vaut mieux ne pas trop lever le coude pour faire du vélo !.
A peine partie, je me rends compte que j'ai perdu ma casquette. Ma casquette préférée ! Demi-tour, elle a dû tomber lors de ma chute. Ce seront 4 km de trop : elle était au fond de mon panier !
Il y avait bien un camping à la sortie de Viviers. Ne jamis faire confiance aux locaux ?!
Je n'ai pas de guide et pas de téléphone magique. Comment aurais-je pu le savoir ?
Cette vélodyssée manque de lieux bien indiqués pour une épicerie, un bar ou un restaurant, un gîte. Et pourquoi pas, des personnes qui auraient l'idée d'installer une roulotte-épicerie, ou un réparateur et son atelier-remorque comme je l'ai vu en Bretagne. J'aurais bien offert quelques goutes d'huile à ma bicyclette.
Je trouve aussi qu'il est souvent difficile de retrouver la piste si on l'abandonne un peu.
A Le Pouzin, arrêt devant une fontaine, sur un banc à l'ombre. et comme, c'était si bon hier, je me refais un grand bol de coquillettes, avec le reste de sauce. J'y rajoute deux portions d'un fromage du ruminant qui s'marre.
Je continue. la centrale de Cruas

Ah, Cruas, sa centrale nucléaire et sa mairie-salle-des-fêtes-office-de-tourisme, nommée Maurice Thorez !


A la Voulte-sur-Rhône, un papé, après m'avoir rempli ma gourde, m'oriente vers : "ah! oui la piste cyclable !". Et je me retrouve à St-Laurent-du-Pape en train de monter une grande côte. Mais décidément : NON ! Si je monte à Lyon, c'est par la ViaRhôna, pas en passant des cols ! Une dame m'indique la route pour rattrapper la Via à Beauchastel.
A Charmes, un bar m'accueille avec la wifi. C'est marrant, mais les bars de copains avec wifi sont plus sympas que ceux qui n'en ont pas. Donc, je vais dire que c'est charmant.

fleurs en bords de pistes

J'y reste un bon moment avec une pression. Je repars quand j'estime que la chaleur diminue. Encore une fois, je ne trouve pas le départ de la viaRhôna.

Le soir tombe. A Tournon, le camping en bord de Rhône ne m'inspire pas. Mais j'ai le temps de voir qu'il faudra revenir à Tain. Je vais trop vite !! Je continue, quelques kilomètres jusqu'à Vion oû j'espère qu'il y a un camping.
Que nenni ! Rien d'indiqué. J'appuie sur les pédales. Le crépuscule est là . On y voit de moins en moins.
Mais suffisamment pour que j'aperçoive une pancarte qui indique un camping en face. Il était temps !

Tout a l'air fermé. J'essaie d'ouvrir la porte du bureau malgré tout. Je l'entrouve, je risque un timide bonjour. Le gardien arrive et m'inscris, il me fait même une ristourne ! Il y a beaucoup de place. J'ai juste le temps de monter la tente aux dernières lueurs du jour, et je termine sous l'éclairage de la lune.

Bilan : 108 km, et j'ai bien géré !
(en tout 492,14km, 40h29 sur le vélo).

Bilan médical sommaire : Pas de douleurs anormales, le dos ça va, je marrête de temps en temps, je change de position ou essaie de me décontacter en roulant.
Les premiers jours, le quadriceps gauche tirait un peu, après 40 km, puis après 60, puis les jours suivants au bout de 90 km.
Des débuts de crampes, gérables aussi, que j'attribue à une alimentation pas au top. Et attention à la crampe brutale, quand on redémarre trop fort aprés que l'on se soit arrêté et refroidi. Et pour améliorer ce point également, après avoir constaté que je pouvais manquer d'eau, je remplissais mes gourdes à la moindre occasion, même à peine entamées.
Les conséquences de la chute : coude assez douloureux, bras engourdi. Il le restera quelques jours encore.
Dans la tête : moral au top. Le sourire béat que je dois arborer en témoigne.

7ème jour : suspens : est-il possible que ce soit le dernier jour ?

Oui, c'est possible, mais l'heure d'arrivée est très aléatoire.
Pendant une semaine, je n'ai jamais eu d'horaires, je ne sais pas à l'avance oû je m'arrête, oû je mange ... ni à quelle heure. Cependant, ce devrait être assez roulant.

Le camping le plus sympa de mon voyage

Le matin, je découvre le camping. Il est bigrement sympathique. De très grands emplacements plats, pas forcéments tous partagés par ces haies affreuses qui vous emprisonnent, un bar, avec un billard, des animations (maquillages enfants, peintures sur t-hirts...), une piscine avec un bain enfant et une pataugeoire.

Le propriétaire, qui est aussi le gardien en fait, a l'air bien bricoleur, et de multiples détails rendent le lieu éminemment chouette : une petite mosaïque sur un rocher, de charmantes grenouilles dessinées dans les toilettes. C'est un travail familial, lui, sa femme, sa fille, son gendre ... Il y a des outils de menuiserie ou de maçonnerie qui montrent qu'il y a des travaux en cours pour mettre un coup de neuf pour la saison qui vient.

Mais, il faut que je quitte cet endroit. Un thé, une tartine de vache qui rit, une douche, démonter, ranger, plier, tout attacher ...

C'est tout prêt de la Via et de la voie férrée, mais ce sont les oiseaux qui sont le plus bruyants le matin. Et c'est juste à quelques coups de pédales au Nord du village de Vion.

le dernier pique-nique

Dans la journée, les kilomètres défilent.
Les villes et villages aussi.
Ce sera l'occasion de revenir, (en vélo ?), pour des visites approfondies.

Sur le pont à Sablons : Et zut, et re-zut, mon compteur tombe en panne.
J'essaie de le réparer, sans succès. Sa fixation casse. Je perds 3/4 d'heure. Du temps qui me manquera plus tard, et je le sais déjà .

A Sablons, il y a aussi un boucher qui me réchauffe une bonne part d'épinards à la crème et un gâteau de foie pour mon pique-nique. Je vais sûrement trouver un endroit à la sortie de la ville, pour y faire honneur. Et c'est à l'ombre des cerisiers que je fais une halte.

Condrieu ... Ampuis, oû je m'arrête. C'est plus prudent. Il fait vraiment trop chaud.
St-Romain-en-Gal.
Et ensuite, Givors
Puis, je fonce tout droit, carrément : Grigny, Vernaison, Irigny, Pierre-Bénite, La Mulatière ...
Ce ne sera pas la meilleure idée de ce voyage, car l'entrée dans Lyon sera un peu “olé-olé”.

Mais je n'avouerai ce que j'ai fait que sous la torture ! Et, je ne dirais pas merci aux “bidochon” qui m'ont conseillé à la Mulatière !!
Mais, (petit coup de colère !) c'est aussi honteux de la part de la ville de ne pas prévoir une circulation cycliste pour les habitants qui sont par là . Il me semble avoir vu, dans la nuit qui était tombée, quelques grafittis sur le sol le réclamant de façon urgente.
Puis arrivée à Lyon et dernier camping sauvage sans même monter la tente, sous les étoiles. L'orage me réveille dans la nuit, à 2 heures, avec de la pluie. Je m'abrite sous un semblant de porche. J'arrive à dormir et à me reposer.
Tout va bien, si-si !!

Bilan : 107 km, youpiiie !

Je suis arrivée. (en tout 599 km, re-youpiiiiiie !!!! ).

Bilan de ce trajet et de la ViaRhôna :

- J'ai fait ce que j'avais décidé : tout en vélo. Le TER n'était pas une option, sauf accident ou incident grave.
- Je ne conseille pas le littoral : Palavas et environs. Il faudrait trouver d'autres chemins.
- J'ai eu beaucoup de chance : je craignais le vent du Nord. J'ai eu un tout petit peu de brise de côté ou de dos. Et je n'ai eu que trés peu de pluie.
- Je trouve la signalétique mal faite : parfois panneaux à 3 m de haut, parfois à gauche, parfois à droite. Et il faudrait aussi que les communes se prennent en charge pour signaler l'existence de commerces ou pour indiquer la direction de la piste quand on va vers le centre du village et que l'on veut récupérer la Via plus loin.
Indiquer aussi les points d'eau, même si on a plaisir à demander et parler aux personnes que l'on croise.
- Evidemment, la monotonie inhérente à ce genre de parcours peut peser, parfois... ou reposer. Le plaisir du roulage peut compenser grâce à la qualité du revêtement. Par contre, les amoureux des oiseaux et de la nature, prendront un peu le temps d'observer et, donc, aller moins vite !
- Mais convient aux familles et touristes qui veulent découvrir toutes les merveilles de la vallée du Rhône. C'est le but de cette Via, je suppose.
- Il est urgent de faire certaines portions qui ne sont pas réalisées : on passe sur des routes dangereuses, on se perd. Pas moi seulement ! d'autres touristes étrangers aussi. Moi, je m'en fiche un peu, car je préfère la découverte, un tracé tout établi d'avance m'ennuie
- Je ne la prendrais pas l'été : sûrement trop de monde. J'ai roulé sur des voies vertes en Aquitaine ou en Bretagne en croisant moins de monde au mois d'aout que là , fin mai-début juin. Et il fera trop chaud, pas beaucoup de parcours ombragé. A moins de rouler tôt le matin et plus tard l'aprés-midi.
- Et pas une seule crevaison !

Les jours suivants : LYON !

De mon village, ravitaillé par les corbeaux au niveau culturel, je suis éblouie par les possibilités de cette grrrrrrrrrrrrande ville.
Quelques images du choix dont j'ai pu profiter grâce à Cap'tain Jo et Mado-la-douce.
Le vélo se repose. Et je découvre Lyon et ses aménagements cyclistes ou piétonniers.


un banc en bord de Sane

Ces bancs inspirés de cordages en sont un exemple.


...
des gradins que l'on peut prendre en vlo


J'ai aussi vu des gradins intelligement réalisés pour que les vélos puissent les descendre. Une cohabitaion PARFAITE entre promeneurs et cyclistes.


...

ancien hôtel-dieu

ancien hôtel-dieu




Visite de l'ancien Hôtel-Dieu en rénovation,

...

...


...


une expo sur Hugo Pratt au musée  Confluences



Une expo au musée de Confluences sur un grand voyageur, et bien sûr, avec son personnage emblématique, Corto Maltesse, indissociable de son auteur (et inversement).







une pénelle

Cette pénelle, découverte lors de la construction d'un parking devait faire plus de 15 mètres de long.




une soirée de contes



Regardez le ciel. C'est pleine lune.
Et, justement, la MJC Confluence propose Les Contes de la Pleine Lune. Ce soir-là, ce fut une de ses meilleures soirées contes.
Jean-Claude Botton, fut ce “ Passeur de mots”.

Originaire de Sologne, son goût pour la poésie lui vient aussi de la langue espagnole qui a caressé ses oreilles. Lorca et Neruda l'ont touché au coeur, avec les voix de Paco Ibañez et de Atahualpa Yupanqui, des Quilapayun, de Mercedes Sosa et de Victor Jara ...
Il rend leur humanité à ceux que la prison ou la vie a déshumanisé.
Il donne des pistes de réflexion, ou des réponses par l'intermédiare de contes. Et quand on a l"impression que tout n'est pas si simple, il raconte la vie, tout simplement.
Il était accompagné de Fred Pezet, chanteur et musicien autodidacte.
Spectacle fait de contes d'ici et de là -bas, de musiques, de voyages...
... de sens ...


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eglise de l'ile Barbe


. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Et un concert de choeurs dans l'église de l'Ile Barbe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . d'une acoustique merveilleuse....



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cartes et suivis de ma route





J'avais même un PC météo et routage à Lyon !

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Pour le retour, ce fut, avec regrets, et 2 TER, les derniers.

Arrivée 23h50, gare de Narbonne. Dois-je parler du retour au village avec une lune presque pleine qui m'éblouissait et m'empêchait de voir la route malgré mes éclairages ?






nous sommes quatre sur la photo !

Où est Eugène... !!!



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A la prochaine !!!



“We are defined by the lines we choose to cross or to be confined by”

Antonia Suzan Byatt